lundi 21 mai 2007

Je n’ose vous les dire

Certains mots me paraissent plus beaux
Que ceux qui sont écrits
Mais je n’ose vous les dire

Se forment en moi des poésies tout enfantines
Venues du fond des âges avec des yeux de fiancées

Dentelles d’eau
Sur la peau du langage

Énigmes de la fontaine
Où je me suis baigné

Y regardant de près
Ma vie a ralenti
Mais en accéléré

Ne pouvant plus la devancer
— Je m’y suis assis

Je n’avais jamais vécu tant de beauté
L’amour en pluie sur le pavé
La plage abandonnée
Au pied de mes amours

Me voici amoureux
Comme on revit
L’air me suffit
Le rayon bleu

Je ne sais encore de qui
Pourtant son nom est tout trouvé

Mais je n’ose vous le dire

Loin du port



Morte
La ronde
L’onde
Plus rien
Ne monte
Tombe
Du jour
L’Ombre
Du monde
La nuit
La suit
Ne pleure donc plus
Mon cœur
La douceur
Nue
Vide est l’amour
Lourd est le puits
Sage la plage
Et nul visage
Qui dans le sable
Ne s’efface
Et sur la mer
Plus un passage
Aucune trace
Pas de sillage
La vague est lasse
Que l’oiseau rase
C’est loin du port
Que je t’emporte
Et puis te porte
Morte




l'inattendue légèreté d'aimer

le vent pourrait chanter
les rivières se mettrent à danser
cela ne me ferait pas plus d'effet
que tes bras

la moitié de ton sourire
suffirait à ma joie

ton regard serait l'escale inespérée

et j'aimerais tes pas
tranquille destinée
de tes souliers
et aussi ta robe

légèreté qui va avec
et qui vole

la pensée diffusée
sur ton visage inquiet

ce je ne sais quoi
qui te fait toi
femme filtrée

je me demande si parfois
tu ne te mettrais pas à danser
en te voyant glisser sous chaque pas

ainsi ce serait toi
l'inattendue légèreté d'aimer
au visage familier
la douce conclusion
de la valse inachevée